THONAC. --Le château de Losse est l'objet de propositions de vente. Voyage au pays des châteaux et de ceux qui les vendent Châteaux à vendre L e château de Losse, l'un des fleurons des mille châteaux de Dordogne, visité par 35 000 touristes par an, est nommément cité dans un document circulant sous la mention « Confidentiel, château Périgord à vendre » et stipulant aux clients virtuels : « Je vous prie de trouver ci-joint le descriptif d'un bien immobilier d'exception classé, en parfait état. C'est une société britannique qui détient ce bien et qui est vendeuse à 7, 5 millions d'euros. Si cet investissement vous intéresse, etc. » C'est le département immobilier de l'UBS (Union des banques suisses) qui en est l'émetteur. Il joint un descriptif de 14 pages en anglais sur ce magnifique château, dont l'origine remonte au XIIe siècle. En plein essor. En appelant hier au château, nous sommes tombés sur Mme Van der Schuren, l'ancienne propriétaire qui l'a vendu à une société anglaise, à la fin de la dernière décennie, et qui affirme s'y occuper encore des jardins. Réponse : « Losse n'est pas à vendre, d'autant que sa reprise connaît un bel essor. » Ce n'est pas la première fois que Losse fait l'objet de nouvelles contradictoires, comme ce fut le cas aussi pour Chabans finalement vendu en 2005. En fait, depuis celle des Milandes, l'histoire du Périgord est émaillée de ventes spectaculaires : château de Château-l'Evêque mis en « folle enchère » en 1988 pour 2 millions de francs d'alors ; Montferrier à Saint-Geyrac la même année, selon la même procédure ; château de Marzac (Les Eyzies) envolé aux enchères fin 1992 ; château Napoléon III, annexe de l'hôpital de Trélissac, vendu en 2000 (découpé en appartements), etc. Évolution. Comment s'organise la vente des châteaux ? Les vitrines d'agence restent éloquentes. Ainsi, celle de Mme Morange, à Périgueux, avec la proposition du château du professeur Grassé à Carlux à 10 millions d'euros. Des cabinets comme Latour à Périgueux multiplient les contacts et constituent des portefeuilles, même s'ils ne vendent pas un château tous les jours (1). Comme le note un de ses collaborateurs, Didier Pujole : « On observe à la fois une internationalision du marché et l'apparition de grosses sociétés de transactions, et un fort maintien de la demande privée, avec achat par des Belges, Allemands, Suisses ou Hollandais à forts moyens? » Des Français potentiellement acquéreurs s'intéressent aux ouvertures de ces monuments sur la défiscalisation. D'autres achats partent compléter le patrimoine de sociétés étrangères aux sièges exotiques. Mais les prix demandés font qu'ils ne trouvent pas toujours facilement preneur. Et les émirs dans tout cela ? On se rappelle comment Montfort, à Vitrac, ex-château de Galmot fut jadis acheté par Gaïth Pharaon, aujourd'hui traqué pour trafic d'armes? (1) Un grand spécialiste national, Bertrand Le Nail, dans la Mayenne, est Périgordin. Il vend le château de Coulonges à Montignac.  Château de Losse photo Boguy |