Bernard Stephan est né en Dordogne, quelque part entre Périgord noir et Périgord pourpre. Son travail de journaliste l'emmène en Berry.
Dans son blog : Periberry il nous livre tout un travail de journaliste chercheur dans des domaines aussi divers que l'ethnologie, traditions orales, recherches rurales, mémoire rurale...etc
En septembre 2006 il édite son livre " paysans mémoires vives" mais laissons lui le soin de le présenter :
Mon livre sur les Paysans.- Désormais l'agriculture est industrielle, marchande et scientifique. Elle a tourné le dos à un très vieil héritage de gestes, de rites, de savoirs, d'usages, de liens à la terre et au paysage, que je m'emploie à faire revivre au travers des témoignages de membres de la dernière génération de paysans, celle qui a disparu entre 1960 et 2000.

Sur fond de Marché Commun et de Politique agricole commune, cet ouvrage montre la fin d'une communauté paysanne du Périgord, qui traduit une évolution à valeur universelle.
Que reste-t-il des paysans de notre mémoire ? C'est une socité paysanne venue de très loin, qui brusquement, à partir de 1950 et plus encore de 1960, voit le bout du chemin. Je fais parler mes témoins qui ont vécu le siècle des mutations. Sur ce plateau du Périgord méridional, en 1960, il y a alors trente familles de paysans. Lorsque je ferme mes carnets de notes, en l’an 2000, sur le même terroir, il ne reste que quatre exploitants agricoles.
Entre-temps l’exode rural, la concentration des terres, l’arasement du bocage, la mécanisation, la fin de la polyculture et des usages communautaires, la mort d’un dialecte d’oc, sont passés par là. La fonction sociale du paysan a disparu. J'ai voulu réveiller un quotidien au travers de portraits recomposés d’acteurs d’un monde qui n’est plus. J'ai souvent conservé l’oralité des confidences, d’où peu-être la force de ces rencontres. Et pas de nostalgie, ni de regret. Ce n’était pas le bon temps… Au contraire, les conditions étaient dures, le quotidien difficile, les rapports rudes. Derrière la rigueur des jours germait un grand désir d’émancipation. La désertion de ces campagnes est sans doute aussi la conséquence de l'espoir d'un quotidien meilleur. Et c’est bien la ville, souvent avec ses mirages, qui a mis fin à cette société.
* Paysans: Mémoires Vives (1900-2000), éditions Autrement, Paris, Septembre 2006, 240 pages, 19 euros. (En librairie à partir du 16 septembre 2006)
Je viens de terminer la lecture de cet ouvrage et je m'empresse de le recommander à tous ceux et celles qui aiment le monde rural, le Périgord, la mémoire des lieux et des gens qui ont créé ces paysages. Ce livre révèle beaucoup de passion et d'amour, sans nostalgie, pour ce monde qui a disparu et se transforme de plus en plus rapidement.




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