PATRIMOINE Un enjeu
touristique
|
|
Le Taureau noir
PHOTO DR
|
Située sur la commune de Montignac, à 25 kilomètres au nord de Sarlat (Dordogne), la grotte de Lascaux est un symbole planétaire. Même si
les oeuvres qu'elle abrite sont moins anciennes (18 000 ans) que celles de la grotte Chauvet (32 000 ans), découverte en 1994 dans l'Ardèche, elle occupe une place à part dans l'imaginaire
collectif, d'autant qu'elle abrite près de 2 000 peintures et gravures.
300 000 visiteurs. Les circonstances de sa découverte, en septembre 1940,
sont elles-mêmes romanesques : quatre adolescents à la recherche d'un souterrain secret supposé les conduire au manoir de Lascaux entendent rouler la pierre qu'ils viennent de jeter dans un
« trou de renard ». L'annonce de l'ampleur de la découverte fait sensation, en plein début de la Seconde Guerre mondiale.
Ouverte au public en juillet 1948, la grotte atteint parfois des pics d'affluence de 1 800 visiteurs par jour. Le gaz carbonique de leur
respiration ronge la calcite qui protège la plupart des peintures et des algues vertes se multiplient, profitant de l'éclairage. La grotte est fermée en 1963, puis rachetée par l'Etat à son
propriétaire privé. Depuis, le fac-similé construit à 200 mètres de l'original attire 250 000 à 300 000 visiteurs par an.
A L'ETRANGER. --
Un comité international fait monter la pression sur l'Etat français
Quand un prix Nobel et l'Unesco s'en
mêlent...
|
|
Etats-Unis. Donald Glaser, prix Nobel de physique, fait
partie du Comité international pour la sauvegarde de Lascaux, que préside la Française Laurence Léauté-Beasley depuis 2004
PHOTO DR
|
La grotte de Lascaux n'est pas seulement un objet d'études pour les spécialistes. C'est d'abord un joyau du patrimoine mondial.
Elle est d'ailleurs inscrite depuis 1979, avec la vallée de la Vézère, sur la fameuse liste de l'Unesco que vient de rejoindre la ville de Bordeaux. Pas étonnant, dans ces
conditions, que les problèmes qu'elle subit suscitent autant d'attention, voire d'émotion, en France et dans le monde. La crise des taches noires, dernière en date, n'échappe pas à
la règle.
En témoigne la campagne de lobbying, relayée sur Internet (www.savelascaux.org), que mène Laurence Léauté-Beasley depuis 2004. Cette
Française, installée en Californie, préside un « Comité international pour la sauvegarde de Lascaux » (ICPL), dont fait notamment partie Donald Glaser, ancien prix Nobel de physique
: « J'ai moi-même visité la grotte et j'estime qu'elle démontre l'universalité de bien des aspects de l'esprit humain, résume-t-il. Elle mérite donc les plus grands efforts
scientifiques pour sa transmission aux générations futures. »
Commission indépendante. L'un des objectifs affichés de l'ICPL, c'est
d'ouvrir Lascaux à « une commission internationale indépendante, composée de scientifiques et d'experts dans la conservation de l'art rupestre, afin d'établir un constat objectif de
l'état de détérioration de la grotte » et de « diffuser une information internationale sur son évolution ».
Une grotte que cette organisatrice de voyages culturels haut de gamme connaît bien pour avoir pu la faire visiter à certains de ses
clients avant l'invasion de moisissures blanches de 2001. Il n'en faut pas plus pour que certains cherchent à la discréditer en la soupçonnant d'avoir des visées mercantiles, voire
de préparer le terrain pour de providentiels mécènes qui voleraient au secours de Lascaux en contrepartie d'une exploitation touristique de la grotte. « Tout ceci est lamentable »,
répond simplement Laurence Léauté-Beasley.
Déni dénoncé. La présidente de l'ICPL préfère s'en prendre à « la
politique de l'autruche, du déni et de la désinformation » dont témoigne par exemple, selon elle, la réponse récemment envoyée au nom de Christine Albanel, ministre de la Culture, à
des citoyens américains qui lui demandaient des nouvelles de Lascaux. Cette lettre, signée par Michel Clément, directeur de l'architecture et du patrimoine, évoque ainsi « un retour
progressif à l'équilibre microbiologique, hydrogéologique et climatique de la grotte », sans faire la moindre allusion au problème actuel des taches noires.
Exaspérée, Laurence Léauté-Beasley est bien décidée à faire monter la pression internationale sur l'Etat français, toujours tellement
soucieux de l'image de sa politique culturelle. Lors d'un récent séjour en France, elle a certes obtenu l'autorisation de visiter la grotte de Lascaux en compagnie de Pierre Vidal,
l'un des scientifiques qui ont longtemps veillé sur la grotte et qui ne cache pas son inquiétude, mais elle a surtout multiplié les démarches auprès d'institutions comme
l'Unesco.
Mechtild Rossler est précisément chargée de l'Europe et de l'Amérique du Nord au Centre du patrimoine mondial de l'Unesco. Sans vouloir
en dire plus sur le dossier Lascaux, elle confirme que le Conseil international des monuments et des sites (Icomos International), une ONG partenaire de l'Unesco et dont les experts
internationaux sont chargés d'évaluer la réalité de la menace, a effectivement été saisie de ce problème et prépare un rapport.
La présidente dénonce « la politique de l'autruche et de la désinformation » sur les problèmes de Lascaux
pour voir l'article complet: http://www.sudouest.com/111007/une.asp?Article=111007a31602.xml#incl
|
|
Commentaires